22 mai 2026

Travaux : l'heure des doutes

 


Une nouvelle série de travaux a commencé cette semaine, avec ce que j’appelle « les huisseries » (c’est un peu réducteur, d’autant qu’il y a le toit de la véranda). Le soir, je suis allé faire le tour des travaux de la journée et j’ai été très déçue par une porte remplacée (celle de la véranda en question). On ne voyait pas la différence !

Bien sûr, moi, je la voyais ! La poignée n’était pas au même endroit. Et, en plus, je savais qu’on pourrait l’ouvrir ou la fermer facilement. Bien sûr, le fait qu’on ne voyait pas que la véranda devenait constituée de bric et de broc était aussi le but. Mais je suis resté sur ma faim.

Pire que ça ! La porte en question ne sert presque à rien ! Je la ferme en début d’hiver et la rouvre dès qu’on ne craint plus le gel, vers mars (je me fous des Saints de glace : on est dans une véranda en Centre Bretagne, tout de même…).

Je suis alors allé regarder la deuxième réalisation terminée dans la journée : la fenêtre de la buanderie. C’était très moche. Enfin… La fenêtre était splendide mais c’est l’entourage qui était affreux. Du béton brut, mal « terminé », peint en orange par mon père, il y a une quarantaine d’années (c’était peut-être à la mode). En fait, c’était, encore une fois, pire que ça. La nouvelle fenêtre impeccable mettait en évidence la laideur du reste.

 

Le lendemain, jusqu’à 16 heures, environ, j’ai remis en cause chacune des modifications soit déjà en cours, soit sérieusement envisagée et avec devis en attente. Je n’en ai trouvé qu’une indispensable (le toit de la véranda était fêlé et l’eau « croupie » qui s’était mise à l’intérieur donnait un aspect vraiment dégueulasse) plus une qui me tient à cœur, le « remplacement » de la salle de bain (quand vous faites 130 kg et qu’il faut monter dans une baignoire…).

Tout le reste me semblait inutile et donc hors de prix.

Je ne vais pas tout énumérer ici. Un seul exemple : j’ai fait électrifier le volet de la salle de bain mais je ne le fermerai jamais. En effet, par la fenêtre, il est impossible qu’un voisin ou un passant voit mes parties intimes. La partie haute du corps pourrait être vu de la salle de bain des voisins à une vingtaine de mètres mais un simple voilage suffirait.

 

Dans l’après-midi, la femme de ménage m’a dit : « je ne comprenais pas que vous ne changiez pas la fenêtre de votre chambre, c’est la seule encore en bois et le mastic s’en va ». Ca a contribué à remettre en cause tous mes choix et à me miner le moral…

Mais il y a presque pire ! Ce week-end, ma nièce était à la maison et a trié toutes les clés qu’elle a trouvées et les étiquetées. Je me suis retrouvé avec d’autres clés à ranger (la nouvelle porte de la salle de bain) et j’ai mis de côté toutes celles que j’allais jeter. Ce qui inclut celles du portail du garage. Il y en avait plein alors que j’étais sincèrement persuadé qu’elles avaient disparu, emportées dans leurs tombes par les voisins décédées (quand ma mère est entrée en maison de retraite, j’ai distribué des doubles dans l’entourage mais beaucoup de vieux ont quitté notre monde cruel ; il faut dire qu’ils étaient tous vieux). Comme je faisais refaire certaines huisseries, j’en ai profité pour faire changer le barillet de ce portail car je croyais avoir des clés dans la nature or les clés étaient toutes là ! On les avait récupérées et j’avais oublié…

Le plus drôle est que j’avais pris aussi comme prétexte d’avoir des difficultés avec le double intégré à mon porte clé. Or les originaux fonctionnent à merveille !

De quoi me demander si je n’étais pas devenu fou (à ceci près que le changement de barillet coûte un prix dérisoire et que j’ai fait mettre un digicode sur une porte pour éviter d’avoir à distribuer des doubles).

 

Tout cela pour en venir à l’objet de ce billet : est-ce que tous les imbéciles qui décident de dépenser du pognon ont, à un moment, des gros regrets ?

 

Sinon, qu’on se rassure ! Mon coup de mou n’a pas dépassé une vingtaine d’heures ! Hier, à 16h, le directeur d’Intermarché est passé à la maison (c’est lui qui fait les livraisons…) et m’a dit « putain ! Tu as changé la porte de ton hall, c’est vachement bien, classe, moderne… »

Voir l’illustration (quand il est arrivé, je n’avais pas vu la nouvelle porte de l’extérieur). Et si la photo fait un peu dégueulasse c’est qu’il faut réaménager l’intérieur de la pièce. Et remettre le paillasson.

 

Alors, j’ai revu tous mes projets. Parmi tout ce que j’ai cité ici :

La nouvelle fenêtre de la buanderie aura tout son sens quand l’intérieur aura été plaqué et repeint.

La nouvelle porte de la véranda aura tout son sens quand j’aurais refait les allées du jardin, notamment pour mettre les poubelles au pied de l’escalier (celui en ardoises). Tant que je n’habite pas là à plein temps, je dois les mettre devant la maison pour que la voisine puisse la sortir quand les boueux passent.

Le mécanisme du volet de la salle de bain devait être changé (c’est un peu compliqué à expliquer pourquoi… Je me lance… Il est mal placé par rapport à l’axe du volet ; il faut que la poignée de la manivelle soit très longue pour qu’on puisse la lever, presque à l’horizontale, pour faire tourner le machin ; elle est si longue qu’elle plongerait dans la future baignoire).

Quant au barillet pour changer les clés du portail, outre le fait que le prix est dérisoire, je n’aurais jamais pensé à utiliser une des originales s’il n’avait pas fallu que je trouve une clé, à la demande des ouvriers, pour pouvoir démonter l’ancien…

 

Comble du bonheur : ce matin, je regardais la télé dans mon salon en attendant l’heure de reprendre le boulot. Le soleil s’est pointé comme tous les matins non nuageux quand il est passé à droite de la maison au nord-est et j’étais aveuglé. D’habitude, je commence à gesticuler pour avoir une position sans être gêné puis je me décide à me lever pour manipuler le dernier volet roulant en bois de la maison qui fêtera bientôt ses 58 ans… et dont la manivelle est derrière la table du séjour et un lampadaire qui tient à peine debout…

Là, j’ai pris la télécommande du nouveau volet qui était posée à portée de main et j’ai cliqué.

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