Une nouvelle série de travaux a commencé cette semaine, avec
ce que j’appelle « les huisseries » (c’est un peu réducteur, d’autant
qu’il y a le toit de la véranda). Le soir, je suis allé faire le tour des travaux
de la journée et j’ai été très déçue par une porte remplacée (celle de la
véranda en question). On ne voyait pas la différence !
Bien sûr, moi, je la voyais ! La poignée n’était pas au
même endroit. Et, en plus, je savais qu’on pourrait l’ouvrir ou la
fermer facilement. Bien sûr, le fait qu’on ne voyait pas que la véranda devenait
constituée de bric et de broc était aussi le but. Mais je suis resté sur ma
faim.
Pire que ça ! La porte en question ne sert presque à rien !
Je la ferme en début d’hiver et la rouvre dès qu’on ne craint plus le gel, vers
mars (je me fous des Saints de glace : on est dans une véranda en Centre
Bretagne, tout de même…).
Je suis alors allé regarder la deuxième réalisation terminée
dans la journée : la fenêtre de la buanderie. C’était très moche. Enfin…
La fenêtre était splendide mais c’est l’entourage qui était affreux. Du béton
brut, mal « terminé », peint en orange par mon père, il y a une
quarantaine d’années (c’était peut-être à la mode). En fait, c’était, encore une
fois, pire que ça. La nouvelle fenêtre impeccable mettait en évidence la
laideur du reste.
Le lendemain, jusqu’à 16 heures, environ, j’ai remis en cause
chacune des modifications soit déjà en cours, soit sérieusement envisagée et
avec devis en attente. Je n’en ai trouvé qu’une indispensable (le toit de la
véranda était fêlé et l’eau « croupie » qui s’était mise à l’intérieur
donnait un aspect vraiment dégueulasse) plus une qui me tient à cœur, le « remplacement »
de la salle de bain (quand vous faites 130 kg et qu’il faut monter dans une
baignoire…).
Tout le reste me semblait inutile et donc hors de
prix.
Je ne vais pas tout énumérer ici. Un seul exemple : j’ai
fait électrifier le volet de la salle de bain mais je ne le fermerai jamais. En
effet, par la fenêtre, il est impossible qu’un voisin ou un passant voit mes
parties intimes. La partie haute du corps pourrait être vu de la salle de bain
des voisins à une vingtaine de mètres mais un simple voilage suffirait.
Dans l’après-midi, la femme de ménage m’a dit : « je
ne comprenais pas que vous ne changiez pas la fenêtre de votre chambre, c’est
la seule encore en bois et le mastic s’en va ». Ca a contribué à remettre
en cause tous mes choix et à me miner le moral…
Mais il y a presque pire ! Ce week-end, ma nièce était
à la maison et a trié toutes les clés qu’elle a trouvées et les étiquetées. Je
me suis retrouvé avec d’autres clés à ranger (la nouvelle porte de la salle de
bain) et j’ai mis de côté toutes celles que j’allais jeter. Ce qui inclut
celles du portail du garage. Il y en avait plein alors que j’étais sincèrement
persuadé qu’elles avaient disparu, emportées dans leurs tombes par les voisins
décédées (quand ma mère est entrée en maison de retraite, j’ai distribué des
doubles dans l’entourage mais beaucoup de vieux ont quitté notre monde cruel ;
il faut dire qu’ils étaient tous vieux). Comme je faisais refaire certaines
huisseries, j’en ai profité pour faire changer le barillet de ce portail car je
croyais avoir des clés dans la nature or les clés étaient toutes là ! On
les avait récupérées et j’avais oublié…
Le plus drôle est que j’avais pris aussi comme prétexte d’avoir
des difficultés avec le double intégré à mon porte clé. Or les originaux
fonctionnent à merveille !
De quoi me demander si je n’étais pas devenu fou (à ceci
près que le changement de barillet coûte un prix dérisoire et que j’ai fait
mettre un digicode sur une porte pour éviter d’avoir à distribuer des doubles).
Tout cela pour en venir à l’objet de ce billet :
est-ce que tous les imbéciles qui décident de dépenser du pognon ont, à un moment,
des gros regrets ?
Sinon, qu’on se rassure ! Mon coup de mou n’a pas dépassé
une vingtaine d’heures ! Hier, à 16h, le directeur d’Intermarché est passé
à la maison (c’est lui qui fait les livraisons…) et m’a dit « putain !
Tu as changé la porte de ton hall, c’est vachement bien, classe, moderne… »
Voir l’illustration (quand il est arrivé, je n’avais pas vu
la nouvelle porte de l’extérieur). Et si la photo fait un peu dégueulasse c’est
qu’il faut réaménager l’intérieur de la pièce. Et remettre le paillasson.
Alors, j’ai revu tous mes projets.
Parmi tout ce que j’ai cité ici :
La nouvelle fenêtre de la buanderie aura tout son sens quand
l’intérieur aura été plaqué et repeint.
La nouvelle porte de la véranda aura tout son sens quand j’aurais
refait les allées du jardin, notamment pour mettre les poubelles au pied de l’escalier
(celui en ardoises). Tant que je n’habite pas là à plein temps, je dois les
mettre devant la maison pour que la voisine puisse la sortir quand les boueux
passent.
Le mécanisme du volet de la salle de bain devait être changé
(c’est un peu compliqué à expliquer pourquoi… Je me lance… Il est mal placé par
rapport à l’axe du volet ; il faut que la poignée de la manivelle soit très
longue pour qu’on puisse la lever, presque à l’horizontale, pour faire tourner
le machin ; elle est si longue qu’elle plongerait dans la future
baignoire).
Quant au barillet pour changer les clés du portail, outre le
fait que le prix est dérisoire, je n’aurais jamais pensé à utiliser une des
originales s’il n’avait pas fallu que je trouve une clé, à la demande des ouvriers,
pour pouvoir démonter l’ancien…
Comble du bonheur : ce matin, je regardais la télé dans
mon salon en attendant l’heure de reprendre le boulot. Le soleil s’est pointé
comme tous les matins non nuageux quand il est passé à droite de la maison au
nord-est et j’étais aveuglé. D’habitude, je commence à gesticuler pour avoir
une position sans être gêné puis je me décide à me lever pour manipuler le
dernier volet roulant en bois de la maison qui fêtera bientôt ses 58 ans… et dont
la manivelle est derrière la table du séjour et un lampadaire qui tient à peine
debout…
Là, j’ai pris la télécommande du nouveau volet qui était
posée à portée de main et j’ai cliqué.