06 février 2015

Quels types d'applications pour la transition numérique ?

Dans notre série de billets au sujet du numérique, avec Pierre, un troisième larron nous a rejoints et nous parlions des applications de type client lourd ou client léger auxquelles nous aurions du ajouter les « applications cache » mais je ne sais pas comment on devrait les appeler (je les appelais les Web Apps mais on s'y perd, en confondant avec application web).

Revenons un peu sur tout cela parce que c'est au cœur des choix technologiques. Je ne parle que le moins possible du boulot, ici, mais il y a environ 18 mois, un décideur a failli bloquer un de nos projets parce que nous ne passions pas au client léger et que nous avions panaché les solutions. Et s'il avait parlé de « client léger » c'est parce qu'il s'était laissé convaincre par des commerciaux et autres consultants, fan du numérique et ayant des solutions à vendre. Il m'avait alors fallu monter un dossier pour démontrer que nos choix étaient sérieux et à la pointe de la technologie.

L'application

Je ne vais pas faire un billet pour dire ce qu'est une application mais rappeler qu'il s'agit souvent d'un abus de langage pour un logiciel appliqué à une technologie, un métier,...

Le client lourd

C'est le logiciel qui est installé sur votre ordinateur, comme le Word que vous utilisez probablement au quotidien. Ca fait délicieusement ringard mais n'oubliez pas que les applications que vous avez sur vos périphériques mobiles sont des clients lourds.

Ceux qui disent que le client léger est l'avenir devraient réfléchir à la diffusion des applications sur smartphone et aux OS tels que Windows 10, annoncé, qui seront les mêmes sur les PC que les smartphone. Déjà, sur le mien, à la maison, j'ai une application Facebook et une application Twitter. Que je n'utilise pas, mais peu importe.

Le client lourd à l'avantage d'être autonome (quand on a des pannes de réseau, au bureau, on peut continuer à travailler sur nos documents Word...) et d'être celui qui utilise au mieux les ressources proches à la machine sur laquelle il est installée. Dans l'anecdote que je raconte ci-dessus, le principal argument que j'avais était qu'on était obligés de prendre un client lourd pour gérer le matériel. Nos concurrents qui n'ont pas vu se détail se sont vautrés... Sans compter le reste.

Il a des inconvénients, comme celui d'être installé sur les postes de travail, ce qui coûte relativement cher aux entreprises.

Le client léger

Ca ne veut pas dire grand chose, c'est plutôt un mode de fonctionnement qui indique qu'il n'y a pas de client lourd ! En gros, c'est votre navigateur pour l'utilisation des technologies nouvelles.

Mais n'oublions pas que c'est aussi « l'émulateur » qui permet d'accéder aux applications des systèmes centraux, les CICS et toutes ces cochonneries (je dis ça sans méchanceté, c'est parce que je n'ai jamais trempé dedans). C'est aussi un Minitel par exemple, et tous les terminaux que nous avions avant l'arrivée des ordinateurs individuels.

Les guignols qui disent que les clients légers sont l'avenir, les mêmes que ci-dessus, devraient surtout dire que c'est aussi le passé. Il y a des cycles, dans l'informatiques.

L'application web

Pour résumer, c'est application qui est sur des serveurs et que vous utilisez dans votre navigateur. Dans le temps, les pages web étaient statiques et connes comme des bites mais le tout s'est amélioré, il n'y a plus que des éléments d'affichage ou des formulaires de saisies mais des bouts de programme et des machins qui permettent d'avoir des systèmes performants et très jolis. On appelle ça le web 2.0 mais c'est de la connerie, le web 2.0 est plutôt un changement d'usage.

Je vais tenter de donner un exemple : vous avez une application qui vous demande votre date de naissance mais il faut la contrôler. Avant, le navigateur envoyait ce que vous aviez saisi à l'application pour qu'elle fasse les contrôles, maintenant c'est l'application qui envoie le code informatique qui permet au navigateur de faire les contrôles.

C'était le web 2.0 pour les nuls par @Jegoun. Merci.

Mais on se fout de la répartition des tâches entre l'application web et le navigateur (sauf que travailler en local est souvent plus rapide compte tenu de la puissance des PC). Par exemple, faire des jeux vidéos en web 1.0 serait passablement chiant et vous auriez le temps d'aller boire une bière entre deux déplacements de fruits dans Candy Crush.

Les applications web ont des avantages pour les entreprises : elles sont sur des serveurs, il n'y a donc pas de problématique de déploiement sur les postes de travail.

Ceci est de la pure théorie : il faut que les navigateurs des postes de travail soient « au top » pour profiter des nouvelles technologies, donc HTML5 qui n'est pas la moindre (avant, il fallait des plugins, des Flash et des machins pour avoir des applications correctes : installer ces trucs sur les ordinateurs de toute le monde coûtait la peau des fesses et laisser les utilisateurs le faire eux-mêmes coûtait encore plus, avec la nécessaire réparation des PC après leurs conneries).

L'application Cache

C'est un truc qui nous vient d'HML5 et qui est mixte des deux, client lourd et application web. C'est un client lourd développé en technologie web. Ou c'est une application web qui s'installe sur le poste de travail.

Je parlais de Candy Crush, par exemple (j'ai de ces exemples pour un billet destiné aux décideurs avec des cravates...). Vous y jouez dans Facebook sur PC en mode « application web ». Les machins seraient stockés en local, ça vous éviterait les temps d'attente, de chargement,... En fait, la connexion n'est utile que pour les mises à jour, les nouveaux tableaux, et la gestion de vos scores (partage, synchronisation entre Facebook et l'application smartphone,...).

En gros, HTML5 donne la possibilité au navigateur de « mettre en cache » les morceaux de code informatique, un peu comme s'il répliquait le serveur en local pour faire fonctionner le site sans connexion quand ce n'est pas nécessaire. Il gère des « versions » et charge les pages web et les versions quand il a besoin.

C'est assurément l'avenir pour beaucoup de domaines.

Le mixte

C'est le choix que nous avons fait dans notre domaine spécifique. Le client lourd donne la main à l'application web pour tout ce qui est du ressort du serveur et celui-ci permet de développer des applications en mode « Cache », c'est à dire que le serveur gère automatique les bouts de codes informatiques qui sont sur les terminaux.

Ainsi, le client lourd gère tout ce qui est propre à nos valeureux distributeurs de billets et le client léger prend la main pour l'interface utilisateur. Le client lourd peu reprendre la main sur la fonction de base : le retrait d'espèces, en cas de problème réseau ou de problème sur les serveurs d'application (les serveurs propres à la monétique étant, quant-à eux, à très haute disponibilité, redondés et tout ça). Et l'application Cache permet de télécharger des bouts de code pour ne pas saturer les réseaux informatiques internes aux banques et d'avoir des machines plus petites pour les serveurs puisque l'intelligence est mise en œuvre dans le PC des automates. Heureusement que je ne parle jamais de boulot.

Le chemin vers le progrès numérique n'est pas une ligne droite, tout comme celui qui va me mener, à 17 heures, au bistro.

10 commentaires:

  1. Merci, professeur @jegoun;
    Très intéressant qui nous ouvre les mystères des machines.
    A la tienne et à bientôt.

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  2. je suis actuellement sous la Manche, dans un eurostar, le chemin est sinueux aussi ici en dessous des poissons. Bô Post pédagogique qui mérite des compléments d'analyse.

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  3. je suis un peu épuisé par ces suites de billets et le boulot et les livres à lire et le site du club d'échecs et l'interro de maths de ma fille et tout et tout....

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    1. Je me doute ! Courage. Moi ça me fait l'effet inverse quand je plonge dans ce blog ou le blog bistro. Ça me repose.

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    2. Cela te repose ??????? Moi, cela me fatigue car je dois rassembler mes pensées pour contribuer. Si cela te repose, c'est que tu rentres dans un Etat extatique pour bloguer, un truc proche de la Sophrologie.

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    3. Mais non, le blog est un loisir, ça doit reposer.

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    4. Impossible. c'est un loisir qui ne repose pas.

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    5. Si parce que ce n'est pas mon boulot de réfléchir à ça. Prends sous un autre angle. Je suis en RTT. Dans le car pour Loudéac, je le suis à penser à tout ca. Et hop ! 40 minutes de rédaction. Un billet c'est comme quand je fais un billet de fond sur le blog politique. C'est toute la merde à côté qui me fatigue.

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