Dans ce doux métier d'informaticien, quand on a la chance de bosser en amont des projets, on a la chance de concevoir des trucs. Le type qui a conçu Twitter, par exemple a eu un peu de chance avais dans la vraie vie, on a un patron qui nous dit : je veux ça. Certes, pour mon billet, j'ai trouvé le titre parfait ce qui m'incite à le rédiger, mais, hier et aujourd'hui, je fus confronté à deux problèmes de conception qui ont fait que j'ai fini affreusement tard. Hier : des collègues perdus dans un nouveau truc. Ce soir des fournisseurs qui ont foiré.
Cela étant, n'ayez pas l'impression que je me vante. C'est mon job. Ouvrir Word. Cliquer sur "nouveau". Concevoir.
La page blanche ?
Sur un des mes projets, j'avais besoin de faire évoluer une application gérée par des collègues d'une autre équipe. Trois fois rien. Disons 10 jours de boulot pour eux et une trentaine pour leur fournisseur. J'ai donc fait un premier document qui décrivait le besoin. Une réunion a été organisée. Il y a été décidé que je ferais un deuxième document. Je ai fait. Une deuxième réunion a été organisée. Personne n'avait lu mon deuxième document. Il y a trois semaines, je vais voir le chef (un copain). Je lui demande où ils en sont. On papote. Je conclus en lui disant que son équipe ne serait pas capable de faire ce que je demande (cette remarque n'a rien de péjorative, ils n'ont pas le temps). Nous en déduisons qu'il fallait que je fasse le job et qu'il faudrait que son équipe le valide. Ça m'a pris une heure. J'insiste sur le une heure. Je connais le dossier. Il me faut une heure. Ils ne le connaissent pas. Il leur en faut trois, cinq ou huit. Troisième document. Il fallait que je le lui envoye personnellement pour qu'il fasse croire à son équipe que c'était elle qui l'avait rédigé. La vie de bureau.
Tous les jours, depuis, je lui demandais s'il l'avait lu, par jeu. Hier soir, néanmoins, je suis allé le voir sérieusement. Bon ! Vous en êtes où ?
Il me dit : je ne comprends rien, je ne sais pas ce qu'on doit faire, il me faut ci il me faut ça. Je lui demande des exemples. Il me cite la première ligne de mon document (après l'introduction). Je lui dis c'est quoi la question ? Il me la pose. Je lui dis relis la phrase de mon document la réponse y est. Au suivant. Pareil. Je vous jure qu'on a fini par s'engueuler (comme on peut s'engueuler entre copains, rien de grave au niveau humain). Le directeur qui entendait le ton monter est intervenu (dans le boulot, je ne suis pas comme dans Twitter, je ne traite pas l'interlocuteur de connard à la moindre contrariété). On a fini par rigoler, tous les trous plus un collègue qui avait été pris à témoin dans l'histoire.
J'en tire une conclusion : l'informaticien peut gérer brillamment un truc mais sera perdu si on lui demande quelque chose qui sort de son quotidien. Il a pas la souplesse nécessaire pour ouvrir un document puis créer son propre document (un cahier des charges, une expression de besoin,...). Il a pas la capacité de faire le vide dans sa tête et de réfléchir à un truc nouveau, même s'il est hyperactif simple.
Je vais prendre un exemple. Prenez le chef de projet iPhone chez Twitter et demandez lui de dire ce que devrait être une application iPad...
Vous comprendrez pourquoi l'application Twitter de l'iPad est pourrie.
L'erreur de conception ?
Dans le boulot, nous utilisons beaucoup de progiciels. C'est-à-dire de logiciels qui ne sont pas destinés au grand public mais à un nombre très restreint de clients, des entreprises, souvent très grosses, comme la mienne. Le fournisseurs a parfois seulement deux ou trois clients. Si l'un d'entre eux veut une modification, il y a neuf chances sur dix pour qu'il se plante. Voir le chapitre précédent à propos de la page blanche. Personne n'ose concevoir donc, finalement, le premier imbécile qui passe par là se retrouve forcé de le faire et il se plante.
C'est con. Il suffirait d'une réunion de deux heures pour poser des bases mais les fournisseurs de progiciels rechignent à réunir leurs clients. Surtout s'il se trouve des couillons comme moi.
Toujours est-il que la semaine dernière, un de mes propres clients me dit qu'il ne comprend rien à un aspect du progiciel que nous utilisons. Le fonctionnement était simplissime. Je lui explique par mail. Je lui explique à nouveau, il me dit qu'il ne comprend rien, je finis par le prendre pour un abruti, à ma grande surprise. C'est un client. Avant l'esclandre, je décide d'organiser une réunion avec lui et son équipe et surtout notre fournisseur.
La réunion était hier soir. Le gars avait raison et je me suis confondu en excuses. Il y avait une telle de conception du progiciel qu'il ne pouvait pas fonctionner dans notre environnement. En fin, de réunion, j'ai balancé un nombre incroyables d'excuses pour ne pas avoir compris le lascar plus tôt. L'erreur était tellement grosse que personne ne l'avait vue sauf eux, par hasard.
Désarçonné, après la réunion, j'envoie deux ou trois mails à des clients qui me confirment des trucs évidents. Le client (et moi, rallié par chance) avait raison. J'envoie donc un mail de confirmation au fournisseur : et paf ! Tu as tout faux. Il faut revoir la conception du truc.
Je vaque (trois réunions). Le commercial du client envoie un mail à ma chef : tu te rends compte de ce que Nicolas nous demande, comme si on avait complètement foiré la conception, ça va vous coûter cher, désolé mais il faut que l'on fasse évoluer le progiciel ? La chef lui réponds : attends, on va voir, mais tu as déjà vu un mail de Nicolas qui n'était pas justifié ?
Le volet financier de l'affaire m'importe peu mais si ça nous coûte un bras, je pourrais me foutre l'augmentation annuelle sur l'oreille pour la fumer plus tard.
Toujours est-il que l'ingénieur en charge du dossier chez le client m'envoie un mail pour me demander des précisions. C'est un copain, aussi. Ou, plus précisément, c'est un type que je connais depuis 1987. Trouvez deux autres types spécialisés dans les distributeurs de billets depuis plus de 27 ans, au monde, qui habitent près de la Place d'Italie et qui ont la chemise qui sort du pantalon à cause d'une légère surcharge pondérale et on en reparlera.
Je précise que le dernier projet majeur que j'ai géré avec ce gugusse l'a été en 45 minutes alors qu'il nous a fallu plusieurs réunions de deux ou trois heures avec leur concurrent.
Donc, on échange par mail.
Pendant ce temps, la tension financière montait. Est-ce que les conneries de Nicolas allaient coûter des sous ? Ils me fallait me justifier (un jeu d'enfant mais c'est le hasard).
La conclusion est : c'est une erreur de conception.
C'est délirant. C'est un peu comme si les clowns qui développaient Facebook n'avaient pas compris que le "@" de Twitter et autres allaient servir pour désigner un destinataire, alors qu'à la base il set pour définir le service (je ne suis pas @jegoun mais jegoun@lefournisseurdemessagerie).
J'insiste un peu sur le sujet car l'erreur de conception, à la base, peut coûter la peau des fesses. Facebook aurait pu tout perdre s'ils n'avaient pas géré le @.
Cela étant mon premier exemple est plus significatif. L'absence de conception coûté beaucoup plus cher ! Le client ne paye plus et confie ses projets à une autre boîte.
13 novembre 2014
12 novembre 2014
Le geek et la question bête
Traînant sur le web, je vois un geek qui s'étonne de ne pas avoir trouvé la solution pour vider la corbeille dans inbox. Je lui demande quel est l'intérêt de vider sa corbeille à la main dans la mesure où Gmail ou Inbox la vide automatiquement au bout d'un mois (de mémoire).
Il me répond : avec Gmail, je peux le faire.
Ce type est en train de faire "un rejet sur" inbox parle qu'il n'arrive pas à vider sa corbeille à la main.
C'est un peu comme si je voulais changer de boulot parle que je ne pouvais pas attendre que la femme de ménage vide la corbeille et qu'il me fallait un accès à la poubelle de la tour.
Des lascars ne sont pas faits pour les nouvelles technologies ! Il rejette un produit parce qu'ils ne peuvent pas faire un truc inutile avec.
10 novembre 2014
Le drame des communautés Google+
Je fais partie de plusieurs communautés
Google+ dont « les usagers de Google en France ». Au
début, j'y passais un temps important (disons que je lisais tout
sauf ce qui concerne Android) mais mon boulot a changé et je n'ai
plus le temps, donc je zappe beaucoup. Il n'empêche que je suis
abonné : je suis avisé de toute nouvelle publication par mail.
Je pourrais supprimer ce truc mais je louperais tout, ce qui, en tant
que fan de Google, serait bien dommage. Donc, je lis quand j'ai le
temps ce qui le cas vu que je suis en week-end prolongé.
Je vais faire un aparté à propos
d'Inbox sur iPhone : ce machin n'est pas du tout adapté à la
visualisation des machins des communautés et à la modération des
commentaires Blogger. C'est ballot. Google pourrait tester ses
nouveaux jouets avec ses propres produits.
Toujours est-il que dans les groupes,
on a des gens qui postent des trucs intéressants mais aussi :
- les serial posters,
- les clowns qui n'ont rien compris et qui publient des trucs hors sujet, comme s'ils étaient dans la communauté pour être avec un groupe de copains contents de recevoir des photos de chatons.
Les animateurs de communauté ont du
pain sur la planche... Savoir expliquer aux gens qu'il faut respecter
les consignes puis les virer.
Beaucoup d'internautes confondent les
groupes ou communautés de Google+ et Facebook avec leur compte
Twitter ou leur profil dans les deux autres.
Ils sont sûrs d'y trouver des
lecteurs.
C'est bien triste, ma pauvre dame.
05 novembre 2014
Vive Shazam et My Way par les Sex Pistols
A la Comète, la radio passe My Way de Sid Vicious, morceau dont je suis fan. Sa version seulement et une autre version que celle que l'on trouve habituellement dans YouTube. Celle que j'ai en CD et qui est la meilleure, à mon sens.
Ne pouvant cacher ma joie (heu...), j'ai voulu la tweeter. Pour ce faire, j'ai décidé d'utiliser Shazam, ce que je faisais souvent mais que j'ai arrêté. Je n'ai donc pas suivi les evolution de ce truc qui était déjà prodigieux.
Avec la nouvelle version, Shazam n'a mis que quelques secondes à reconnaître le morceau. C'es prodigieux.
03 novembre 2014
L'informaticien au bistro avec des collègues
Le bistro où je mange tous les midis est en plein centre de La
Défense, à une quinzaine de minutes de la Grande Arche. Il y a différents types
de clients, au comptoir, notamment des gens comme moi qui n’aiment pas
spécialement la cantine. Mais il y a aussi parfois des groupes. Je pensais que
c’était des ouvriers ou, du moins, des gens bossant dans le secteur mais n’ayant
pas accès à la cantine. Je ne faisais pas attention et j’ai mis plus d’un an
avant de me rendre compte qu’il y avait
beaucoup d’informaticiens. Souvent ils viennent le soir, aussi.
Le fait que les informaticiens soient surreprésentés peut s’expliquer,
outre par le lieu, par le fait que la sous-traitance est fréquente dans l’informatique
et que les sous-traitants n’ont pas accès aux tarifs privilégiés de la cantine.
Si un informaticien reconnait facilement un informaticien, ce
n’est pas avec les propos techniques mais avec le jargon employé. Un type qui
dit « il faut que j’envoie le DMP à la DPI » est aisément
identifiable par un type qui doit aussi envoyer des Dossiers de Mise en
Production à la Direction de la Production Informatique.
Alors, depuis quelques temps, je me mets à écouter les
conversations. Dans le blog bistro, j’ai fait récemment un billet parce que des
types, à côté de moi, bossaient très certainement pour une boite qui a été mon
client. Ils parlaient de gens que je connaissais. Je fais même exprès de me
mettre pas trop loin de ceux que j’ai repérés dans l’espoir d’en faire un
billet de blog.
Tout d’abord, il est assez de frappant de voir que le jargon
utilisé est vraiment à peu près le même. Il y a très peu de propos que je ne
comprends pas. Le plus rigolo est que tout le monde fait les mêmes fautes. L’autre
jour une collègue : « le fournisseur a livré toutes les anomalies ».
Je lui ai répondu : « non, il a livré le logiciel corrigé avec toutes
les anomalies corrigées ». Elle a fait un raccourci très fréquent (mais
toujours horripilant).
Le midi, quand ils sont ensemble, ils parlent parfois boulot
et avec un relatif sérieux, comme s’ils étaient en réunion.
Le soir, ils parlent systématiquement du travail mais
uniquement pour dénigrer la hiérarchie, l’entreprise, l’organisation, les
clients, les fournisseurs. Et ils sont toujours d’accord entre eux. Il n’y a
strictement aucune humilité, aucune remise en cause. C’est le trait commun à
tous les informaticiens : ils sont meilleurs que les autres. Si la
direction met en place une nouvelle organisation, c’est parce qu’elle fait
toujours n’importe quoi. L’informaticien ne se posera que rarement la question :
mais n’aurait-elle pas raison ? Ou ne fait-elle pas une réorganisation
pour nous obliger à bouger ? Aucune remise en cause (le plus drôle, pour l’avoir
vécu plusieurs fois, c’est qu’ils acceptent toujours les réorganisations sans
broncher !).
Le pire est que je suis probablement comme eux à ceci près
que, dans ma carrière, j’ai toujours eu des longues périodes où je fuyais les
collègues le midi et le soir.
En écoutant les informaticiens parler au bistro le soir, on
arrive assez facilement à distinguer les bons des mauvais ou, du moins, des
peine-à-jouir. Ce sont ceux qui critiquent toujours les technologies utilisées.
En fait, ils peuvent être très bons, techniquement, mais vivent dans une autre
planète ce qui les empêche de mener normalement des projets. Par exemple, j’ai
eu une fois une discussion avec un collègue qui nous reprochait de mettre du
Windows sur nos machines et pas Linux ou un truc comme ça. Il peut te tenir la
grappe pendant une heure sur le sujet sans prendre en compte l’argument
essentiel : nous utilisons des progiciels qui ne fonctionnement que sous
Windows. Changer cela coûterait la peau des fesses.
Ils savent tout mieux que tout le monde. Au bistro, on les
reconnait facilement : ce sont les plus bavards. Les autres les laissent
parler car ils savent qu’il n’y a rien à dire. Tous les informaticiens en ont
connu. Au bistro, il y en a presque toujours un dans un groupe.
Cette différence de comportement entre le midi et le soir
et, surtout, ce côté très négatif envers les autres, le soir, n’est
probablement pas spécifiques aux informaticiens ou à ceux qui gravitent autour
mais il est démultiplié par le fait que l’informaticien est généralement dans
les services centraux des sociétés et au cœur des processus d’organisation de l’entreprise
et ils prennent leur job pour très important.
Récemment, j’ai au bistro à côté de lascars de Rank-Xeros.
Ils travaillaient si j’ai bien compris dans la partie du système qui gère la
récupération des cartouches d’encre usagées ! Cela existe. On m’aurait
demandé ce qu’il y avait dans le système d’information de Xeros France, j’aurais
répondu un gros machin qui s’occupe de la partie commerciale, de l’approvisionnement
des revendeurs et des clients directs, une partie commerciale pour le commerce
par internet, une partie pour la gestion de la maintenance, des interventions
des techniciens,… Il faut savoir qu’il y en a une, aussi, pour la collecte des
cartouches d’encre. Si j’ai bien compris.
J’avais donc, à côté de moi, une partie ou toute l’équipe en
charge de ce machin. Il y avait évidemment un type plus vindicatif que les
autres, a priori le chef de l’équipe. A les écouter, Xeros France ne tenait que
sur l’informatique en charge de la récupération des cartouches d’encre… C’était très rigolo !
Toujours est-il que voila une excellente raison de ne pas
parler boulot au bistro, même avec des collègues : éviter de passer pour
des crétins et se retrouver cités dans un blog.
01 novembre 2014
L'informaticien aux dents longues
Je discutais avec un de nos ingénieurs systèmes, hier. J’ai
appris sa démission. Je m’en doutais un peu et je me suis gentiment foutu de sa
gueule. Il m’a alors répondu qu’il n’était pas le seul. J’ai dit que je savais
pour machin et machin mais il m’a dit qu’il y avait aussi truc. Je vais l’appeler
ainsi, « truc », pour des raisons de confidentialité et tout ça.
Quand la boite a été créée, nous avons repris un nouveau
secteur d’activité. Personne ne connaissait le domaine. J’étais le moins
ignorant, néanmoins, mais aussi le plus expérimenté parmi les potentiels chefs
de projet et le plus habitué, en tant qu’ancien consultant, à appréhender des
sujets inconnus. J’ai donc été nommé chef de projet pour ce truc. Pour ces deux
trucs, pour être précis, car le machin s’est étoffé. Parmi les cinq ou six
projets menés par la boite, c’était les deux les plus faciles techniquement. J’ai
donc recruté un consultant, truc, qui connaissait bien le « domaine métier »
(on va dire que, beaucoup plus jeune que moi, il était passionné et le
connaissait mieux) et la technique. On a monté le truc, lui pour les aspects
informatiques, moi pour la partie organisationnelle. Ayant autre chose à faire,
je lui laissais un peu quartier libre. Finalement, il a fini par passer pour chef
de projet aux yeux de tous mais mon nom est resté dans l’organigramme, même
après qu’on ait fini par l’embaucher car, dans la firme, il est compliqué de
changer un organigramme.
Il avait la reconnaissance de fait. Il a pu embaucher un
jeune collaborateur et prendre deux consultants pour gérer la croissance de l’activité.
Toujours est-il qu’hier, l’ingénieur système qui se barre m’en
a appris de belles. Il y a environ 18 mois, le directeur de notre département,
mon « N+2 » est parti, et « truc » s’était mis dans le
crane, qu’il allait le remplacer, gravissant ainsi deux échelons hiérarchiques
d’un coup ! A 35 ans… C’est un type de près de vingt ans de plus qui l’a
remplacé, 20 d’ancienneté dans la maison mère et 30 ans dans le domaine.
Je n’en revenais pas de tant de prétention et d’ambition. Je
n’ai rien contre l’ambition mais ça me gêne profondément de voir un type surévaluer
ses capacités à ce point, même s’il est réellement très bon. Pour faire un
parallèle, c’est un peu comme si le chef du rayon boucherie d’un hypermarché,
excellent gestionnaire, excellent boucher et excellent commerçant, voulais
devenir directeur du magasin d’un claquement de doigt, s’affranchissant des
domaines qu’il ne connait pas (fruits et légume, droguerie,…) et des autres
tâches de direction (ressources humaines, marketing, juridique,…).
Lors de cette discussion, en plus de nous deux, il y avait
deux collègues qui ne disaient rien : je suis donc le premier à avoir donné
un avis. Ils ont acquiescé. L’ingénieur système a fait l’avocat du diable, du
genre : ah mais son service est celui qui tourne le mieux. C’est vrai mais
j’ai rappelé que ce n’est pas un service mais un projet, avec un chef et trois
collaborateurs, que le chef n’avait qu’un rôle de chef de projet et pas de
management « humain » de ces troupes. J’ai aussi rappelé qu’une
partie de la réussite avait reposé sur moi (ce dont je me fous). J’avais lancé
le truc, définit les relations avec les clients et les fournisseurs tout en
obtenant de la direction qu’une partie des développements soient faits en
interne, ce qui fait qu’il y a réellement une équipe. Peu importe, me
direz-vous mais j’ai horreur des types qui mènent leur carrière en se faisant
passer pour seul acteur de la réussite de ce qu’il a en charge.
Dans la discussion, j’ai dit que c’était la première fois
que je voyais ça en près de 27 ans de métier (ce qui n’est pas vrai, d’ailleurs,
quand j’ai commencé, en 1987, à 21 ans, j’avais trois collègues de moins de 30
ans dont les dents rayaient le parquet mais je n’en ai plus vu après). En fait,
dans l’informatique, on se fout souvent de ces conneries : ce qui importe
est l’intérêt du boulot et la fiche de paye. On peut faire de belles carrières
mais il n’y a aucun plan de carrière (d’ailleurs je pense que j’ai fait une plus
belle carrière que les trois lascars que j’ai connus en 1987). Les trois autres
participants à la conversation étaient d’accord avec moi d’autant qu’ils
regardaient leurs propres cas… L’ingénieur m’a pourtant confirmé que truc avait
réellement un plan de carrière et j’étais sidéré. A 35 ans, il aurait dû être
directeur de département et à 45 membre du conseil de direction d’une grosse
entreprise ou un truc comme ça.
Ce matin, en réfléchissant à tout ça, j’ai passé en revue
ces 27 ans et les gens que j’avais connus. J’ai immédiatement pensé aux trois
lascars dont je parlais dans mes parenthèses mais ils étaient jeunes. Cela
représente des dizaines de personnes. J’ai connu un tas de types qui se
croyaient bons et pensaient que leur carrière se ferait naturellement mais
seulement deux qui affichaient ouvertement une volonté d’être chef à la place
du chef dont une qui l’aurait probablement été suite à un départ en retraite si
la boite n’avais pas été réorganisée… Quant à l’autre, il a réussi en
magouillant mais s’est tellement fait détester qu’il a fini par chercher du
boulot ailleurs. En fait, j’ai connu plus de types qui se retrouvaient chefs
malgré eux suite à des mutations internes que de types l’étant par ambition. Du
genre : ah ben machin prend sa retraite, tu ne voudrais pas le remplacer ?
J’en ai même connu qui ont refusé des postes… Dont moi, d’ailleurs, par exemple
quand j’ai laissé ma place à truc. J’avais trouvé des tâches plus intéressantes
et le reporting à une direction, des clients,… la gestion de clients m’emmerdait
prodigieusement.
En revanche, j’ai connu des consultants très ambitieux mais
c’est un métier particulier vu qu’il génère une proximité avec la hiérarchie et
qui nécessite d’être bien vu de cette hiérarchie pour augmenter son taux de facturation
et donc son salaire.
Pourtant, je voyais bien truc faire carrière. Il avait (je
parle au passé comme s’il était déjà parti…) de grandes qualités, outre le fait
qu’il soit bon. Il parlait bien, était bosseur,… Il avait une grosse tare :
un problème à l’écrit, incapable de faire un document qui n’était pas rempli de
fautes. C’est assez fréquent mais à un niveau de hiérarchie, il faut savoir faire
des notes de synthèse, des présentations,… Il avait aussi ce que je considère
comme un gros défaut : il se prenait au sérieux.
Sa carrière était tracée. Quand on a changé de directeur (le
poste qu’il visait), le big boss a annoncé une réorganisation pour la fin 2014
(nous y sommes, c’est dommage d’aller voir ailleurs) car ils voulaient se
laisser le temps (pour l’imaginer mais aussi la faire valider par les
actionnaires, les représentants du personnel,…). Il allait forcément grimper d’un
échelon (et pas de deux comme il voulait), notre chef commun ayant pris aussi
du galon, elle allait être obligée de se séparer d’une partie des activités. Il
allait donc se retrouver au même niveau hiérarchique que lui, avec un périmètre
évidemment plus réduit.
Je dois avouer que je n’ai jamais pensé à ma carrière en
termes de niveau hiérarchique sauf sous un angle : plus on monte, plus le
job est intéressante et plus on a de poids dans les décisions. Ainsi, parmi mes
collègues, la seule ambition que je vois est de devenir clairement responsable
d’une application ou d’un projet tout en accumulant les connaissances pour
élargir son périmètre. Personne ne cherche à monter dans la hiérarchie :
cela finit naturellement par arriver au fil des nouveaux projets et des
réorganisations.
Truc veut être chef. Après analyse, le connaissant bien vu
que je l’ai « managé » pendant des années, je pense qu’il cherche une
reconnaissance, qu’on lui montre qu’il est bon et qu’il a les capacités à
exercer des responsabilités, ce qui est complètement con dans notre domaine. Si
on est bon, la hiérarchie nous fout la paix et on pèse beaucoup plus sur les
décisions, les collègues nous font confiance,…
C’est étrange et ça me travaille au point d’en faire un
billet de blog sur le type de sujet que je n’aborde absolument jamais.
31 octobre 2014
Les grandes entreprises et Twitter
Ce midi, j'ai reçu une invitation à un séminaire organisé par la direction Moyens de paiement d'une des plus grosses SSII française. J'ai vu qu'elle avait un compte Twitter. Que la boîte ait un compte, quoi de plus normal ? Mais une direction qui ne s'adresse pas au grand public... Trouvant ça bizarre, j'ai cliqué.
Le nombre d'abonnés est très faible, de l'ordre de 70 (de mémoire). Essentiellement d'autres directions de l'entreprise, le patron de l'entité et 4 personnes avec qui j'ai des relations professionnelles.
Le fait que plusieurs directions aient un compte semble montrer qu'il s'agit d'une stratégie de la boîte. Comme je le disais en introduction, cela n'a pas beaucoup de sens, elle ne travaille pas avec le grand public.
Deux comptes des abonnés, dont le patron de la direction ont de l'activité depuis le 6 décembre. La similitude des dates laisse penser qu'il s'agit d'une stratégie, du genre le patron qui convoque ses troupes : bon, les gars, il faut des volontaires pour aller dans Twitter car on va être obligés de tenir un compte. On y va !
Le compte qui n'est pas du patron s'est arrêté à peu près au moment où le compte de la direction a ouvert. Les autres comptes sont actifs depuis juillet. Sauf un qui n'a aucune activité. Il n'a qu'un abonné que je ne connais pas.
A peu près la moitié des tweets du patron sont consacrés à son activité associative, mais très prout prout. Comme s'il s'adressait à ses contacts pour leur montrer qu'il s'impliquait dans l'associatif.
Les autres tweets de ce lascar et tous ceux de ses sous-fifres sont très institutionnels et concernent des trucs professionnels. Aucun n'a plus de 100 followers ou n'envoie plus de deux ou trois tweets par jour. Une grande partie consiste en RT de machins des directions de la boîte ou de collègues.
Ces gens tweetent entre eux et par obligation. C'est grotesque.
30 octobre 2014
65536
Si je peux vous donner un seul conseil pour ce jeu dont au sujet du quel je deviens Addict (en trois semaines j'ai réussi à avoir deux 1024 dans la même grille mais pas à côté ce qui fait que je ne n'ai jamais réussi à faire 2048 amira que la dame qui mange à côté de moi au comptoir tous les jours prétend que son époux a réussi un 4096), entassez tout en bas à gauche ce qui, compte tenu des circonstances, ressemble bien à un pleonasme.
Toujours est-il que je revendique le droit de parler de n'importe quoi dans ce blog ce qui n'est pas inutile pour son neuvième anniversaire. Plus un jour. Faudrait pas boire.
Bon anniversaire à mon blog. Neuf ans, bordel.
29 octobre 2014
Des défauts pour Inbox ?
Je donne l'impression d'être bêtement réjoui par cette nouvelle application ce qui est d'ailleurs le cas. Il n'empêche qu'on lit des critiques ou voit des bugs à droite et à gauche.
J'ai effectivement eu un gros bug ce matin. Dans le métro, donc off-line, j'ai rédigé deux mails (le contenu du précédent billet, pour être précis). En sortant du métro, je pensais qu'il allait envoyé automatiquement des deux trucs, comme me le faisait l'application de l'iPhone.
Ben non. Je ne sais pas si c'est un bug. Je vous raconte la suite. Pour la première fois depuis des années, je n'avais pas reçu de mail pendant mon trajet en métro. Je pensais l'application Inbox plantée à cause de mes deux messages. Je suis allé voir avec l'appli normale : rien non plus. Arrivé au bureau, sur mon PC, j'avais bien des mails : j'ai constaté alors que je ne recevais plus Internet. J'ai laissé tomber mais une heure après, cela ne fonctionnait toujours pas. J'ai redémarré l'iPhone, Internet est revu, Inbox a envoyé mes deux messages...
C'est alors que mes deux mails sont apparus dans ma boite de réception... en plus des nouveaux. Deuxième bug.
Mais, troisième bug, sur l'iPhone, j'ai reçu des mails que j'avais déjà traités le matin sur mon PC...
Des utilisateurs signalent sur le web des phénomènes identiques, des messages supprimés qui reviennent.
Par ailleurs :
- Gérer la modération des commentaires Blogger est chiant avec ce machin. Parfois, on n'arrive même pas à accéder au machin du mail où il faut cliquer pour publier.
- Les options de présentation des mails sont limitées (je m'en fous, j'ai vu ça dans les rézosocios et vérifié ensuite).
- Il n'est pas assez facile de supprimer les mails (Google aime bien qu'on archive sans supprimer...).
- Il est trop facile de marquer en "terminé" un groupe de conversations à la place d'une seule conversation voire d'un seul mail.
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